Bye Bye NOLA !
(NOLA ? New Orleans, Louisiana. Oui, car LA, ce n’est pas que Los Angeles :p)
Alors, ça y est, on est de nouveau à l’aéroport ? Déjà une semaine ?
Oui. Une semaine entre 31 et 35 degrés, une semaine French Quarter, palmiers, jazz, alligators, vaudoo, poisson chat, mahi-mahi, Tabasco, souvenirs coquins, marche, marais, plage. Une semaine sauce Alfredo, Café du Monde, Canal Street, bus #11, bateau à aube, essuie-glace, clarinette, saxo, Annunciation, Felicity et tutti quanti. Une semaine dans le bayou, sous la clim, dans les street cars vert et rouge, sur Bourbon Street, dans la Nissan… Une semaine à la Nou Orlieunz, bercée de Cabrel, de la police, de De Maison et de Miss Ferrier; de tarot, de yam, de scrabble et de rami.
Bref, de l’évasion, du repos, du soleil, de l’anglais, des délires, exactement ce qu’il nous fallait à tous les trois !
Ceci est l’illustration parfaite du billet pas intéressant pour ceux qui n’étaient pas à la NO mais que nous, dans quelques années, on aimera relire
En quittant mon frère et ma mère, je me sens orpheline. On vient de passer 24 heures sur 24 ensemble pendant une semaine et ce n’est pas facile de les quitter. On s’habitue à être loin de sa famille pendant un an et les revoir comme ça, pendant un court laps de temps, d’autant plus intense, c’est fatal. Je me souviens de nous le soir du départ des parents de Jeremy… perdus…
Deux avions et une escale à Philadelphie plus tard, je suis à Buffalo, le moral dans les chaussures et je ne sais pas à ce moment-là que les galères n’ont pas encore eu lieu.
Je montre mon bout de papier au conducteur du bus qui doit me ramener à Toronto.
– « C’est pas un billet »
– « Quoi ? »
– « C’est pas un billet, ça, donnez-moi votre passeport et on verra à Buffalo. »
Je rentre dans le bus et la fille assise à côté de moi m’explique que quelqu’un d’autre a eu le même problème et que je devrais pouvoir faire réimprimer mon billet au prochain arrêt. Avec Megabus, la société de bus qu’on prend tout le temps, il suffit d’imprimer l’email de confirmation, mais avec Greyhound, il faut un billet, que j’ai reçu il y a trois mois et que je revois très bien attendant patiemment mon départ pour la Nouvelle Orléans sur mon bureau. Oui, il est sur le bureau là !
A l’arrêt d’après, je vais au guichet :
– « Oui, il me faut juste votre carte de crédit. »
– « Oui, voilà » (je tends ma carte française pensant avoir payé avec celle-ci)
Et non, c’était avec la carte canadienne, qui, cela dit en passant, a été remplacée par une nouvelle car elle a expiré il y a quelques semaines. Je dois donc repayer un billet. Je m’effondre, cette journée est affreuse, il manquerait plus que je n’ai pas de visa touristique à la douane et la journée sera parfaite. Voilà ce que je pense à ce moment-là.
Le passage à la douane arrive… En voyant que je viens de bénéficier d’un visa touristique de 6 mois, le douanier m’envoie a l’immigration et là, commence l’interrogatoire typique des gens dont on se méfie :
– « Votre copain est au Canada, c’est quoi son nom ? »
– « Il est né le combien ? »
– « Le 18 février 1983″
– « Le 19 ? »
– « Non le 18″
– « Et vous le 12 septembre ?’ – « Non le 9 décembre » – « Comment vous épelez le nom de votre copain »
Il m’explique que je ne peux pas bénéficier d’un nouveau visa touristique de 6 mois, que j’ai déjà eu 6 mois pour visiter le pays, et que ce n’est pas fait pour s’installer. Je lui dis que je prévois de rentrer pour Noël et que je suis traductrice freelance. Il me dit que des gens font ça, ne ressortent plus du pays et que le Canada ne peut plus les faire partir après.
Je suis alors laissée dans le silence le plus complet pendant 15 minutes, face à un douanier qui tapote, qui recherche, qui s’en va, qui revient et qui m’accorde au final un visa touristique expirant le même jour que le visa de Jeremy.
Ces 30 minutes, elles m’ont donné l’impression de durer 3 heures, 3 heures pendant lesquelles j’avais peur d’avoir l’air louche, de dire un truc bête. Mais tout est bien qui finit bien.
Encore deux heures de bus et je retrouve Jeremy. Je n’ai plus une once d’énergie, au dodo !
Tiens, m’man, c’est pour toi, la version originale : http://www.deezer.com/track/883707

