juin8
Petit budget oblige, j’ai pris le bus de Toronto à Buffalo vendredi soir. Dur dur de quitter Jeremy. En France, on faisait beaucoup de choses séparément, mais depuis plus de 5 mois, on partage absolument tout, les bons moments comme les mauvais et l’idée de ne pas se voir pendant une semaine, de ne pas dormir ensemble, de ne pas rigoler ensemble, eh bien, ça nous attriste un petit peu
La fameuse stratégie – moult fois appliquée en Australie :p – du « je dors, tu n’oserais pas me réveiller » dans le bus, m’assure le confort non négligeable d’avoir deux places rien que pour moi.
Le passage à la douane américaine est plus rapide que la lumière car comme je suis allée à NYC récemment avec Jeremy et ses parents, j’ai encore le petit papier vert, ce qui fait que les empruntes, la photo, tout ça, c’est pas utile ! Chouette…
… ou pas. Je me retrouve donc en première position pour attendre de remonter dans le bus. Un jeune douanier – qui s’ennuie sans doute – se met donc à m’interroger : « vous allez-où ? » – « Buffalo Airport » – « Buffalo Airport et après ? » – « À la Nouvelle Orléans » – « À la Nouvelle Orléans, pour quoi faire ? », le mec répète toutes mes réponses et continue de plus belle « vous connaissez des gens là bas ? », « et qu’est-ce que vous faisiez au Canada », « Votre copain travaille là bas? », « Et vous quel statut vous avez ? », « vous rentrez quand en France », wo wo wo, on se calme Robert ! Finalement, il me laisse prendre mes bagages, j’ai eu l’impression qu’il me posait toutes ces questions juste pour « justifier » son salaire…
J’arrive à l’aéroport où j’attends mon vol. Je regarde des Six Feet Under, notre nouvelle série avec Jeremy
et hop c’est parti pour Philadelphie ! Petite escale rapidissime et hop, direction la Nouvelle Orléans où j’attends encore quelques heures l’arrivée du frérot et de la mum





En arrivant à l’auberge, on est contents de poser toutes nos affaires, enfin ! On sort faire un tour dans le quartier, c’est super charmant, des petites maisons, des rues pavées. Par contre pas grand monde. Des endroits visiblement touchés par Katrina, par ci par là un visage via une fenêtre, une personne sur une rocking chair, mais en règle générale personne dans le quartier où on vit. Pas très loin de l’auberge – qui est très sympa cela dit en passant – une sorte d’épicerie. En y allant, on ne rencontre que des Noirs, c’est inhabituel d’être les seuls petits Blancs, les locaux nous regardent, pas méchamment, pas gentiment, on nous regarde, c’est tout.




On rentre à l’auberge pas trop tard car on est quand même bien crevés, on mange du pain et du fromage (merci maman !!) et puis du chocolat aussi
Le lendemain matin, on se lève assez tôt, comme on s’en doutait. On profite des pancakes offerts par l’auberge pour le petit-déjeuner et on part en direction du fameux « French Quarter ». On a une bonne vingaine de minutes de marche pour y arriver, on découvre des zones un peu abandonnées, des zones très luxuriantes, les bolides locaux, le street car (comme on appelle le tramway ici et à Toronto aussi
) Tout nous semble encore désert, fermé, c’est étrange.





Un petit passage devant le Musée de la Deuxième Guerre Mondiale…

En arrivant dans le quartier français, tout s’anime, on est sur Canal Street, une grande rue commerçante avec des palmiers, un street car, bref, c’est une tout autre facette de la Nouvelle-Orléans ! En avançant encore un peu, on retrouve le côté charmant mais tout de même plus animé de la ville, on entre dans plusieurs magasins à touristes et on s’aperçoit que les attractions ici sont les alligators, tout ce qui a trait au vaudou et aussi… tout ce qui a trait au sexe. Des colliers avec des pénis en pendentif, des sauces piquantes avec des dessins de femmes coquines sur l’étiquette, des t-shirts plus que suggestifs, c’est assez marrant :p





Une fois en plein coeur du quartier français, on découvre plusieurs groupes, saxo, trompette, guitare et même violon. Le silence n’existe plus et même à un moment où on est un peu éloignés de la foule, on peut entendre un trompettiste passionné au loin, c’est super !
Je vous avoue quand même que certaines choses me semblent un peu surfaites. Si certains musiciens ont la classe de la Nouvelle-Orléans dans leur naturel, certains musiciens n’hésitent pas à écrire « pourboires si photo » sur le panneau devant eux. On paie pour prendre une photo, bon, bof, enfin je comprends la démarche mais disons que ça peut être fait de façon plus humoristique comme ce musicien-là l’a fait.



Je prends une photo de lui, il me dit que pour prendre une photo de lui il faut laisser une photo. Je ne comprends pas immédiatement. Il me dit qu’il faut laisser une photo, de, je cite, « Washington par exemple », je suis encore plus perdue :p finalement, je comprends qu’il parle des présidents qui se trouvent sur les billets et les pièces et on lui laisse quelques pièces
On va faire un tour de bateau à aube sur le Mississippi, histoire d’être Tom Sawyer pendant quelques heures, c’est super agréable.



Bahhh les pieds noirs :p On marche pieds nus forcément…


Ils nous ont obligés à faire leur photo à la con, alors en plus de faire des grimaces, on a pris une photo de la photo (payante) sous leur nez, et toc !
C’est la fête des mères aujourd’hui, on se disait d’ailleurs que ça tombait super bien ! Mais le week-end ici, les restaurants sont fermés donc pas moyen de trouver notre bonheur ! On se résigne en se disant qu’aujourd’hui on a fait déjà beaucoup de choses et que demain, un dîner local et un bar de jazz, ça serait génial. On rentre donc manger à l’auberge et en moins de deux… ZZZzzzzZZzzzz
Toutes les photos sont ici !