Dans notre bulle…
Avec Camille, nous passons une journée normale, on dit et pense « ça va faire bizarre » mais – on le saura après coup – on n’en a pas vraiment conscience… Qu’on ne va plus se voir, qu’on ne va plus s’entendre rire, qu’on ne va même plus chercher à dire ou faire quelque chose pour faire rire l’autre, qu’on ne va plus se sentir « nous », nous qui critiquons les gens, qui cherchons en permanence à faire des bêtises, nous, toujours partantes pour des folies, nous qui nous faisons écho, qui attrapons chaque perche tendue par l’autre, nous qui jamais ne nous offusquons, ne nous sentons choquées de tout ce que l’autre peut dire ou faire, nous qui aimons rire à en avoir mal au ventre et aux joues, nous qui sommes sans doute passer pour des cruches aux yeux de beaucoup de voyageurs, nous qui nous en fichons royalement, nous qui en sommes même fières, nous qui avons profité de chaque instant pour faire de notre voyage une période inoubliable de nos vies, nous qui nous sommes lissé les cheveux en regardant un épisode de Nip Tuck, assises par terre dans l’aéroport de Singapour, nous qui avons appris beaucoup de choses en se côtoyant, beaucoup de choses sur nous, nous qui avons mangé beaucoup, beaucoup trop, nous qui en avons ri, nous qui avons souvent mangé juste pour manger, pour en rire, pour s’auto qualifier de goinfres, nous qui nous sommes l’une et l’autre motivées à nous jeter d’un avion, d’une grue, une corde attachée aux pieds, nous qui avons fait des autres une présence superflue, inutile, désagréable même parfois, nous qui avons joué les clochardes, nous…
Toutes ces choses, on les a faites juste pour le plaisir de le faire, pas méchamment, pas de façon stupide, pas toujours pas envie, juste pour en rire après, juste pour marquer un peu plus profondément ce temps passé ensemble, pour intensifier ce lien qui est désormais le nôtre, pour rendre notre duo particulier, différent des duos que l’on a l’une et l’autre connus avant, pour se sentir exister dans la bulle que l’on a au fur et à mesure créée et dans laquelle peu de gens ont pu entrer.
Notre bulle, c’est comme un saut en parachute ! Au début, on n’envisage pas de le faire ! Ce n’est pas qu’on ne veut pas, mais on n’y a jamais vraiment pensé, on est dans le flou. Une fois la décision prise, on ne sait pas trop à quoi s’attendre, on se jette dans le vide, on découvre les premières sensations, on n’est pas encore vraiment à l’aise, c’est nouveau…
Progressivement, plus rien n’a de secret pour nous, c’est le moment d’en profiter le plus, de ne pas se poser de questions. C’est de loin le meilleur moment !! Bien trop vite, c’est terminé ! Quoi ? Mais non, ça vient juste de commencer ! Je veux recommencer… C’est la tête pleine de souvenirs que je pars vers autre chose ! Cette bulle était courte, intense, solide et 2007, l’année des bulles, m’apprend qu’une bulle, c’est précieux mais dangereux…
